Le syndicat SPIAC-CGT a manifesté ce matin alors qu’était projeté le nouveau film d’Abdellatif Kechiche, “La Vie d’Adèle”, en compétition au Festival de Cannes. Le syndicat des professionnels de l’industrie de l’audiovisuel et du cinéma souhaite ainsi dénoncer les conditions de travail sur le tournage.

Nous devrions, a priori, nous réjouir (…) Hélas, et indépendamment de la qualité artistique du film, nous ne pourrons pas participer de cet enthousiasme : nos collègues ayant travaillé sur ce film nous ont rapporté des faits révoltants et inacceptables. La majorité d’entre eux, initialement motivés, à la fois par leur métier et le projet du film en sont revenus écœurés, voire déprimés“. Ce texte est extrait d’un tract rédigé par le SPIAC-CGT, le syndicat des professionnels de l’industrie de l’audiovisuel et du cinéma, distribué ce matin aux abords du Palais des Festivals de Cannes, alors qu’avait lieu une projection de La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche.

Le syndicat souhaite ainsi dénoncer les conditions de travail sur le tournage. Il affirme que certains collaborateurs ont abandonné le tournage, “soit parce qu’ils étaient exténués, soit qu’ils étaient poussés à bout par la production, ou usés moralement par des comportements qui dans d’autres secteurs d’activités relèveraient sans ambiguïté du harcèlement moral“. Il dénonce entre autres des “horaires de travail anarchiques ou modifiés au dernier moment“, des “journées de travail de 16 heures, déclarés 8“, ou encore des “journées de travail de 11 heures, payées 100 € bruts, alors que 100 € nets avaient été promis

Dans son communiqué, le SPIAC-CGT affirme également que Pictanovo, l’organisme ayant géré le tournage, a reçu des plaintes. Contacté par le journal Le Monde, Vincent Leclercq, directeur général de Pictanovo, dément catégoriquement : “Je n’ai reçu aucune plainte écrite d’aucun salarié employé sur ce tournage (…), rapporte Le Monde. Bien sûr, j’ai entendu des récriminations de la part de certains, mais comme j’en entends sur d’autres tournages”.

Egalement contacté par Le Monde, Brahim Chioua, directeur général de Wild Bunch, producteur principal du film, indique lui aussi ne pas avoir entendu parler de plaintes, “mais cela ne veut pas dire qu’elles n’existent pas“. Et d’ajouter : “Certains techniciens de la région Nord – Pas-de-Calais sont partis en cours de route, car ils n’acceptent pas les conditions de Kechiche. Mais certains collaborateurs de Kechiche sont toujours là, depuis son premier film. Demandez aussi aux comédiennes, Kechiche est très exigeant ! Et c’est comme ça qu’il obtient ces résultats”.

Un extrait de “La Vie d’Adèle” :

La Vie d’Adèle

BB avec Le Monde

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